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C’était une soirée d’hiver, en l’an 2052… Il faisait bon chez la famille
Pautirond et papy Christopher avait l’air de préparer quelque chose ce
soir-là… En effet, après avoir bien mangé, l’ancien élève du collège ....
rassembla ses petits-enfants dans le salon :
- Dites-moi, les petits, vous-ai je déjà parlé de mon ancien collège ?
-Non, pépé, répondirent-ils ensemble, raconte-nous comment c’était !
-Ah, je vais vous raconter un truc incroyable…inimaginable !
C’était le 4 janvier 2000, à la rentrée des vacances de Noël, le principal-adjoint
M. Ozria nous rassembla dans la cour pour nous annoncer une terrifiante
nouvelle : Mme Flore, la principale, avait été retrouvée inanimée devant
son ordinateur, dont l’écran était brisé et dont le plastique avait fondu.
Je me souviens que cette nouvelle avait suscité différentes réactions
: certains avaient très vite paniqué tandis que d’autres (comme moi) n’avions
pas du tout été choqués.
Je décidais de me mettre sur l’enquête, car, tout comme mon père qui assurait
la sécurité au parc Montsouris, je raisonnais comme un vrai détective
; aucun mystère ne me résistait, quelle que soit son importance, j’étais
un inconditionnel d’Agatha Christie, et j’avais du flair.
En revanche, mes enfants, mon physique d’alors ne coincïdait pas avec
le fruit de mes cellules grises dont, tout comme un de mes concurrents,
j’étais très fier : je ne fumais pas la pipe, je ne portais jamais de
manteaux à carreaux et j’avais horreur des moustaches. Les armes à feu
ainsi que les chapeaux melons n’étaient absolument pas mon style.

Bon, assez parlé de ça, je décidai d’établir une liste de suspects : M.Azria,
dont le bureau est à quelques mètres de celui de la victime. M Lenort
(le prof de techno), qui avait été appelé par Mme Flore pour un problème
d’ordinateur, et M.Lucien qui, à mes yeux, avait l’air de convoiter le
pouvoir de principal. Mais tout d’abord je décidai de m’infiltrer dans
le bureau de Mme Flore. Une odeur de soufre régnait dans la pièce. Des
petits bouts de verre étaient éparpillés autour du bureau. L’atmosphère
était plutôt lourde, voyez-vous, mes agneaux… En regardant les murs, je
découvris un calendrier mural dont le dernier feuillet était celui du
31 décembre 1999 ; cela me faisait penser que cette mort était peut-être
liée au bug de l’an 2000, qui aurait engendré un court-circuit tuant ainsi
le proviseur…
(bug
signifie bestiole qui pique en anglais)
Il fallait que je passe aux témoignages. Je décidai de commencer par M.Lenort
; seulement, quand je le rencontrai, celui-ci refusa de coopérer avec
moi. Je lui répondis illico :
- Bon, je sais ce qui me reste à faire : informer M.Azria que vous allez
sur Internet consulter des sites sans rapport avec le programme quand
nous sortons de cours !…
-Okay, okay, répondit-il, je vais tout dire ! Mme Flore m’avait appelé
le 17 décembre à 15h20…
-Juste avant les vacances de Noël !
-Oui, mais je ne suis arrivé qu’à 15h30 car j’étais sur…euh…un site…fort
intéressant par ailleurs! Quand je suis arrivé, j’ai vu le cadavre. Ca
sentait très mauvais ! -Pourquoi n’avez-vous rien dit à personne ?
-En fait…euh…je voulais passer des vacances tranquilles, alors j’ai gardé
ça pour moi … 
Si ce témoignage était vrai, mes enfants, l’hypothèse du bug de l’an 2000
était aussitôt écartée, mais il fallait en avoir le cœur net ! Je consultai
les archives du collège, dans la cave, et le compteur d’électricité m’indiqua
qu’aucune énergie n’avait été consommée dans le bureau de la principale
le 31 décembre 1999.
D’ailleurs, du début jusqu’à la fin des vacances non plus.
Comme il se faisait tard, je m’empressai de partir de cette cave sombre
et glauque, lorsqu’en sortant, j’entendis les voix de M.Azria et de M.Lucien
:
- Ecoutez mon cher Lucien, dit M.Azria, légalement, c’est moi qui dois
succéder à Mme Flore ! -Oui mais ce n’est pas vous et votre crâne d’œuf
qui allez m’empêcher de faire ce dont je rêve depuis des années !
-Et ce n’est pas vous non plus et votre barbe à faire fuir Frankenstein
qui allez défier la loi ! »
C’en était assez pour moi. J’attendis que la discussion se terminât pour
rentrer chez moi et passer une bonne nuit, mes petits, malgré toute cette
agitation !

Le lendemain, je décidai de faire témoigner M.Fournel, le concierge du
collège. Celui-ci ne broncha pas, car c’était une expérience plutôt palpitante
dans sa vie de concierge
: « Ben, le dernier jour avant les vacances, à 15h25, j’ai entendu des
éclats de verre. Je ne suis pas allé voir car je pensais que c’était juste
Mme Flore qui avait fait tomber un verre.
Mais je me dis qu’il aurait dû aller voir, car ce bruit venait sûrement
de l’écran de l’ordinateur, et que le crime avait donc dû avoir lieu à
cette heure-ci. M.Azria n’était pas coupable car à ce moment-là il faisait
sortir les élèves.
M.Lenort non plus car il était en train de rêvasser devant son écran…
C’était donc à coup sûr M.Lucien le coupable. Pendant qu’il criait sur
les élèves en permanence, je fis un petit tour dans son bureau. L’atmosphère
était plutôt accueillante, avec pleins de posters de la Corse. J’arrêtai
mon regard sur l’image d’une paillote en feu, lorsque je vis un tuyau
qui partait du radiateur et qui rejoignait la colonne de gaz de la salle.
Mais…je n’avais pas déjà vu ce tuyau quelque part ?
Mais si ! Dans le bureau de Mme Flore ! J’y courus immédiatement pour
vérifier ce que j’avançais, et, quand je fus arrivé, mes enfants, j’ouvris
de grands yeux : c’était ça depuis le début ! M.Lucien avait introduit
un gaz dans son radiateur qui parvint jusque dans le bureau de la directrice,
l’asphyxia et fit fondre le plastique de l’ordinateur. Ensuite, il descendit
dans sa salle (après avoir attendu que le gaz perde son effet), il brisa
l’écran, sortit par la fenêtre qu’il referma et regrimpa jusqu’à sa salle
!
Je voulus avertir M.Azria de ma brillante résolution mais, en sortant,
je vis M.Lucien courir vers la sortie. J’eus un affreux doute. Je demandai
à une dame de service où était M.Azria et elle me répondit qu’il se baladait.
Je courus vers la sortie sans prêter attention à Jackie, un des pions,
qui me demanda où j’allais, et poursuivis M.Lucien qui, heureusement,
n’était pas allé très loin…
C’est alors que je vis avec stupeur M.Azria qui se promenait, mes enfants,
et M.Lucien qui lui courait après ! Je criai, à bout de souffle : « Arrêtez
! Arrêtez ! » Les deux hommes se retournèrent en même temps, mais M.Azria,
en voyant M Lucien sortir un couteau, décocha un merveilleux coup de poing
sur la face du tortionnaire d’enfants. Celui-ci répondit par un coup de
pied dans l’organe sensible du proviseur-adjoint, qui, malgré une douleur
insoutenable, conclut l’affaire par une prise de judo qui fit voltiger
le pauvre bougre devant un groupe d’élèves qui avait un petit compte à
régler avec lui…
Tout était presque bien qui allait finir bien : M.Azria allait être principal,
et M. Lucien, lui, allait être bagnard. Quant à moi, je devins le maître
de la cour, et réglait toutes les embrouilles entre élèves ! « Ca vous
a plu mes enfants, dit grand-père Christopher, ? -Oh oui pépé, répondirent-ils
en chœur, mais au fait, notre prof de maths, M.Niagroub, a disparu depuis
une semaine… » |
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